C’est une idée très répandue, mais elle est historiquement fausse.
Beaucoup imaginent que le mot « arabe » désigne une race. En réalité, il désigne avant tout une identité linguistique, culturelle et historique. On devient arabe par la langue, la culture, l’appartenance à une tribu ou à une communauté, pas par la couleur de peau.
Prenons l’exemple de l’Afrique.
Au Soudan, plusieurs grandes tribus arabes sont composées de populations noires. Parmi elles, les Ja’alin, les Shaigiya, les Rufa’a et les grandes confédérations Baggara, qui regroupent notamment les Misseriya, les Rizeigat, les Ta’aisha et les Habbaniya. Ces tribus parlent arabe, revendiquent une ascendance arabe et sont reconnues comme arabes, alors même que leurs membres sont majoritairement noirs.
Au Tchad, on retrouve également de nombreuses tribus arabes comme les Beni Halba, les Salamat, les Missiriya tchadiens, ainsi que d’autres groupes arabes installés depuis des siècles.
En Mauritanie, les populations arabo-berbères comprennent aussi des communautés noires arabophones, notamment les Haratines, qui partagent la langue et une grande partie de la culture arabe.
Dans le nord du Mali, en Mauritanie, au Niger et dans le Sahara, les Kunta occupent une place particulière. Cette grande tribu arabe est célèbre pour son rôle dans le commerce transsaharien, l’enseignement islamique et la diffusion du savoir. Pendant des siècles, les Kunta ont contribué au rayonnement de Tombouctou et des grandes cités savantes du Sahel.
Il faut aussi parler des Cherif ou Chorfa. Les Chorfa sont des familles qui revendiquent une descendance du Prophète Muhammad par Fatima et Ali. On en trouve au Maroc, en Mauritanie, au Mali, au Niger, au Sénégal et dans d’autres régions d’Afrique. Contrairement à certains clichés, les Chorfa ne sont pas tous blancs. Il existe des familles chérifiennes noires, métisses ou à la peau claire. Leur statut repose sur leur généalogie, pas sur leur apparence.
Cette diversité montre une chose essentielle : l’arabité n’est pas une question de pigmentation. L’histoire du monde arabe est celle de rencontres, de migrations, de métissages et d’échanges entre l’Afrique, l’Arabie et le reste du monde.
D’ailleurs, l’islam a toujours rappelé que la couleur de peau ne donne aucune supériorité. Dans son sermon d’adieu, le Prophète Muhammad déclara qu’un Arabe n’a aucune supériorité sur un non-Arabe, ni un Blanc sur un Noir, ni un Noir sur un Blanc, sauf par la piété.
Alors, lorsque quelqu’un affirme que les Arabes sont tous blancs ou que les Noirs ne peuvent pas être arabes, il ne décrit pas la réalité historique. Il répète simplement un cliché qui ne résiste ni aux faits, ni à l’histoire, ni à la diversité du continent africain.